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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 07:27
Le petit cénacle déménage

Pour ceux qui veulent me rendre visite, je tiens désormais salon à l'adresse suivante :

http://www.petitcenacle.blogspot.fr

Mes amis, vous y êtes bienvenus !

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 21:59

 

odeur-de-la-papaye-verte-08-g-copie-2.jpg

   

Si on me demandait quel mot je préfère, j'hésiterais sans doute entre quelques-uns, mais celui-ci figurerait en bonne place dans mon palmarès :

 
Délicatesse...

Désuet, il a un parfum discret, il sent l'effacement choisi, le subtil, le sensible, le léger, l'inutile aussi, sans autre utilité que la recherche du bien-faire, du soin apporté aux petites choses.

Il évoque la grâce des gestes pleins de retenue, la justesse et la pudeur des silences, les pensées tenues pour soi, loin du tapage, loin de l'image.

Ce mot me fait penser à l'héroïne de " L'odeur de la papaye verte ". 
    Il me rappelle aussi les sentiments enfouis au plus profond, dans le secret de l'intimité de notre âme.
     Il nous renvoie aux choses minuscules qui constituent la plus belle partie de nous, de notre humanité, et que nous n'osons montrer alors que nous n'hésitons pas à exhiber nos seins et nos fesses.

 Parce que ces choses menues ne font pas d'audience dans le mauvais calcul de notre audimat personnel. Parce que le nombre a devancé la qualité, la rendant dérisoire.

 

La délicatesse est belle parce qu'elle se moque bien de l'effet produit !

                                                                                                                  P.L


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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 06:40

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Tout est mystère dans l'Amour,

Ses flèches, son carquois, son flambeau, son enfance.

Ce n'est pas l'ouvrage d'un jour

Que d'épuiser cette science.

Je ne prétends donc point tout expliquer ici.

Mon but est seulement de dire, à ma manière,

Comment l'aveugle que voici

(C'est un Dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière ;

Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un bien ;

J'en fais juge un amant, et ne décide rien.

 

La Folie et l'Amour jouaient un jour ensemble.

Celui-ci n'était pas encor privé de ses yeux.

Une dispute vint : l'Amour veut qu'on assemble

Là-dessus le conseil des Dieux.

L'autre n'eut pas la patience ;

Elle lui donne un coup si furieux,

Qu'il en perd la clarté des cieux.

Vénus en demande vengeance.

Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris :

Les Dieux en furent étourdis,

Et Jupiter et Némésis,

Et les Juges d'Enfer, enfin toute la bande.

Elle représenta l'énormité du cas.

Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas :

Nulle peine n'était pour ce crime assez grande.

Le dommage devait être aussi réparé.

Quand on eut bien considéré

L'intérêt du public, celui de la partie,

Le résultat enfin de la suprême cour

Fut de condamner la Folie

A servir de guide à l'Amour.

                                                                                        La Fontaine, Fables (XIV)

 

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 16:38
Magi Puig

Magi Puig

Il y a une différence d’intention dans les écritures.

Jugée par elle pataude et lourdaude la sienne arrivait au terme de son aboutissement. L’expression dominait l’instinct et la forme assujettie au fond psalmodiait une ritournelle servile et stérile.

Sueurs, grincements de dents, pleurs en dedans. Libre de tout mais contrainte par l’idée de l’infiniment beau, cet absolu impossible, indéfini à jamais, inaccessible par essence.

Elle tenait dans son poing serré quelques voyelles, quelques consonnes, deux ou trois majuscules.

Ses doigts devenus blancs ne desserraient pas l’étreinte, la tension se faisait plus dure, insupportable.

La vie était là, à ses côtés, indifférente, en dehors d’elle qui observait de plus en plus lointaine, ses mots dans ses mains.

Impuissante.

P.L

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 19:29
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Photo David Galstyan
 
 
Carcassonne. 4 septembre 1949.
          Ta lettre m'a rempli d'une émotion mélanco­lique dont je te saurai toujours gré. Car ma vie tout entière m'y était donnée en une sorte d'éblouissement. Et rien n'est aussi exaltant pour une créature que de sentir en soi tout son destin. Plus haut que la joie, plus haut que la douleur s'élève le chant de la vie où l'homme apprend qu'il a été lui et qu'un fait lui a apporté le privilège de se trouver égal à son infortune. J'étais fait pour l'amour, cela ne veut pas dire que j'étais né pour le bonheur. Depuis que je suis blessé, j'ai toujours eu peur de m'aventurer avec mon coeur plein de lumière dans les durs réveils de l'existence. La voix aimée, les gestes de son corps qui m'entraî­naient dans un autre monde, j'ai toujours craint de les voir se poser sur une terre où je n'irais qu'en rampant.
Apprends-le enfin puisque c'est toi que j'ai le plus aimée, c'est pour toi que j'ai le plus craint le choc du réel. Et c'est pourquoi ta décision me délivre d'une écrasante incertitude. Il faut que tu te maries et, de mon côté, je te jure que je ne me marierai jamais, bien que j'aie exploré depuis la mort de mon père ma solitude effroyable. Ces arrêts étranges répondent à des situations excep­tionnelles comme les nôtres. Il fallait notre sépa­ration pour que je comprenne avec quelle intelligence de ma situation tu m'avais aimé. Et crois-tu que tu pouvais m'aimer sans être initiée à ma douleur. J'ai partagé mon fardeau écrasant avec toi, je ne l'oublierai, plus, et toi, je sais que tu ne t'arracheras jamais au charme qui grandit en marge des grands désespoirs. C'est pour préserver cette réalité exquise que je te fais la promesse de garder intact ton souvenir.
Tu vas voir la vie : une eau dormante sur laquelle on est emporté qui ne paraît ni nous suivre ni nous émouvoir. La vie dort. Tu sauras que loin de toi une petite lampe brûle toute la nuit au chevet d'un homme qui a eu besoin de toute sa force pour voir en toi une image du bonheur et non le bonheur même. Cela te paraîtra très étrange, mais aussi très doux de penser que tu es toujours attendue par un regard qui a lu sur toi le secret même de l'être.
Et, quand tu seras triste, que tu douteras de la vie, si tu veux alors que je t'écrive une lettre tu m'écriras, je te répondrai aussitôt. Si l'envie te vient de venir me voir, tu viendras, à l'impro­viste, quand tu voudras.
Petite fille, mon bonheur est très grand parce que ta vie est venue te prendre. Écoute-moi : il y avait une fois un homme qui avait trouvé une étoile. Oh! il ne savait pas bien l'importance de sa trouvaille, et il croyait bien n'avoir mis qu'un caillou blanc dans son sac de voyageur. Seulement à mesure qu'il marchait, le paysage où il s'avançait se faisait plus beau et le tentait davantage de s'arrêter et de déposer son fardeau qui se faisait de plus en plus lourd. Mais comment voir s'embellir l'horizon sans y trouver la promesse d'un horizon plus beau. Il allait, de plus en plus, exténué sous le poids de cette lumière dont tout, autour de lui, paraissait naître. Et c'est alors qu'il a compris que sa faiblesse venait de l'anéantisse­ment de son être et qu'il allait bientôt n'être qu'un souvenir dans le monde qui serait la solitude de l'étoile. Et cet homme a accepté. Et il est devenu le cœur de l'étoile. De grandes ailes se sont éten­dues dans l'air bleu de l'oasis. Et c'était l'étoile même qui prenait son vol pour se poser sur la plus haute cime où un homme les attendait. Cet homme, c'était lui-même. Je ne te dis cet apologue que parce qu'il regarde ta vie comme il regarde la mienne.
Désormais tu vas dans une autre vie avec toute la tienne et rien ne s'y gâtera de la pure image que j'ai de toi.
Ma vie est extérieurement une vie de rebut, et je n'en veux pas d'autre. Je ne grandirai jamais qu'en la voulant telle qu'elle m'a été infligée, en faisant de son épreuve un objet de désir. Il y fallait une vision de pureté et de beauté et qui ne démen­tît pas mon rêve en se heurtant à mon corps blessé. C'est fait, ce qui devait être est.
                                                                                                                    Joë                
 
                                                                                Joë Bousquet , Lettre à Poisson d'or
                                                                    

 
 
 
 
 
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 07:00

 

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                                           Photo David Galstyan

 

 

“Pourquoi penser dans un monde où l’instant présent existe ? ... Rien ne devrait recevoir un nom, de peur que ce nom même le transforme ; abandonnons pour un instant ce spectacle de beauté, cette berge, et moi-même, au pur plaisir d’exister. Le soleil est chaud. Je vois la rivière. Je vois les arbres tachetés et brunis dans la lumière automnale. Des bateaux voguent sur fond rouge, sur fond vert. Très loin, une cloche sonne, mais ce n’est pas un glas. Il y a des cloches qui vibrent en l’honneur de la vie. une feuille tombe, pâmée ; oh ! comme j’aime la vie !”

                                                                          Virginia Woolf

 

 

 
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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 06:54
Photo Brooke Shaden

Photo Brooke Shaden

 

Au coeur de la piscine,

abritée d'une tempête,

qui dehors met en rage

 

 dans un cocon liquide

 je suis la ligne de fond,

 et tranquillement je nage.

 

 Brasse après brasse

 doucement, je dépose

des pensées chlorées

que je laisse filer

quand j'en suis à l'aller.

 

Du regard je les veille

quand j'entame le retour,

sans me faire reconnaître.

 

De temps en temps elles croisent

d'autres pensées qui flottent

au gré de leurs nageurs

comme des feux follets

 

ou certaines qui gisent,

sur le carreau bleuté,

semblant abandonnées.

 

Quand on aura vidé,

et bien nettoyé,

le bassin réceptacle,

où iront s'accrocher

les pensées délogées ?

 

                          P.L

 

 

 
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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 07:19
 
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                                          Photo David Galstyan
 
 
 
Nous nous serions perdus nous l’aurions fait exprès
Les rues inconnues auraient des noms de poésie
surprenante
nous nous engouffrerions dans un café minuscule
et la queue du chien de la propriétaire cognerait
régulièrement contre un des pieds de notre table
tu dessinerais sur l’emballage des morceaux de sucre un
cœur un oiseau un rien
je t’écrirais OUI
nous partirions sans laisser de pourboire nous serions
tellement pauvres.
                                                                                                   
                                                           
                                                                                Valérie Rouzeau
 
 
 

 
 
 
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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 16:20

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Je voudrais pour nous le silence.

Pour nous seuls lovés en bulle d'éternité.

Nichés ventre contre ventre

    sous la tiédeur de la grotte igloo

dans l' idéale solitude.

Seuls, comme au début du monde,

yeux abîmés dans les yeux, écoutant

 l' absence des mots qui ne servent plus. 

Entendant la musique du fond du regard

qui fouille l'âme, corps et coeurs disparus. 

 Nous, suspendus, immobiles, hagards,

 flottant au monde, comme à l'origine,

rencontre muette, indéfinie, illimitée, sans contours.

-  Absolue.

L'impossible rendu au possible, 

comme l'impensable mourir pour renaître

drapés de nudité silencieuse.

-  Taisons-nous, je t'en prie. 

                                                                                                                                                                         P.L

 

 

 
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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 07:50

 Edouard BOUBAT7774

                                            Photo Edouard Boubat

 

Ne me dis rien

Ne me prête rien

C'est loin de ta vie

Que je serai la femme de ta vie

 

Mi-femme, mi-ombre

Princesse à distance

Ni épouse ni amante

Lointaine compagne

 

Rêvée, diaphane

Absolue, éthérée

Plus désirable encore

Que l'idée du désir.

 

J'ai laissé dans le lin

Juste un doux parfum

Qui suffit à remplir

Tes nuits, jour après jour

 

Trois gouttes de rose

Où reposait ma tête

Discrètes et de bon ton

Ne te demandent rien

 

Sans rumeur ni tapage

Peu à peu elles s'estompent,

Joli rêve qui s'éloigne

Sur la pointe des pieds.

 

                P.L

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